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C’est mon premier grand voyage vers l’Asie. Je vis en Écosse depuis des mois avec mon amie Véro. On a économisé tous nos sous, j’ai deux emplois. Bref, je me démène pour pouvoir me payer cette fabuleuse expérience.

La veille, en attendant à l’aéroport, j’appelle d’une cabine téléphonique en Thaïlande pour réserver notre première nuitée (on est loin des facilités qu’on a maintenant). Le monsieur me répond vitement, en me demandant simplement mon nom. Ma nuit est réservée. On ne m’a pas demandé mon numéro de téléphone, ni de paiement… J’expérimente pour la première fois ce système basé sur la confiance… On verra bien ce que ça donne!

Dans l’avion, mon premier vol aussi long (15 heures de Londres), je freak. Je me demande ce qui m’a pris de choisir une destination si inusitée (ben voyons?!! Thaïlande, inusitée?!). Vue mon départ de Londres, je suis principalement entourée d’anglais, et des anglais, ça boit… Les agantes de bord qui les servaient si gentiment finissent par les laisser aller se servir dans leur espace fermée. Les gens boivent tant qu’ils veulent. Et moi je ne comprends aucunement comment ces charmantes agntes thaïlandaises font pour rester aussi souriantes, et surtout, pourquoi elles ne disent pas NON à toutes ces demandes d’alcool. Je comprendrai bien assez vite…

Pendant ce long vol, sans télé, avec des lumières très instables, et entouré de gens un peu dérangeants, je me fais des scénarios de fille qui devient schizophrène à cause de la différence culturelle. Bref, j’arrive en Thaïlande avec un nœud dans le ventre… J’AI PEUR!!

Pour me rendre à l’hôtel, on doit traverser Khao San Road. LA fameuse rue de Bangkok où tout se passe. Il y a une tonne des touristes, des souvenirs artisanaux magnifiques, oh combien de ladyboys, des restaurants à profusion – avec des prix dérisoires, ET UNE AMBIANCE DU TONNERRE! Ben voyons, je ne suis pas seule au bout du monde à tenter de contrôle une certaine maladie mentale qui voudrait se pointer parce que je serais trop déstabilisée, je suis au PARADIS!!

Environ 1 heure… c’est probablement le temps que ça m’a pris pour tomber en amour avec la vibe thaïlandaise. Le temps de sortir de l’aéroport bref.

Partout où je me promène, les gens me sourient, les femmes aiment ma peau couleur miel. Moi j’aime leur joie de vivre.

Ça y est, je suis en amour. En amour avec la simplicité, en amour avec ce peuple au cœur d’enfant, en amour avec leur plaisir à servir l’autre. Quelle inspiration! Les Thaïlandais, comme dans la plupart des pays d’Asie du Sud-Est, ont compris comment charmer, comme organiser, comment faciliter la vie des touristes. Le service à la clientèle là-bas, ça sent encore meilleur qu’une rose. C’est tout simplement parfait! Dans leur culture, dire non, ça ne se fait pas. Se fâcher en public, encore moins… je comprends mieux la folie de l’avion à présent.

Après 3 fabuleuses semaines à explorer, à vivre, à voir de la magnificence, je dois repartir. J’ai fait des rencontres que je n’oublierai jamais. J’ai ri comme jamais, j’ai eu une complicité unique avec de purs inconnus. J’ai vu des montagnes plus vertes que le logo de Desjardins. J’ai vu des plages plus belles que dans mes rêves le plus fous. J’ai goûté au chaos de Bangkok autant qu’à la tranquillité des somptueuses îles. J’ai mangé, mangé et mangé, à chaque fois une nourriture délectable, pour des prix dérisoires. Bref, j’ai le cœur gros. JE NE VEUX PAS PARTIR! Je discute avec le gars de l’hôtel, qui m’offre de changer mon billet d’avion pour quelques dollars. Je réfléchis. Noël arrive dans quelques jours, et ça fait 10 mois que j’ai vu ma famille. À contre-cœur, je reviens.

Quelques jours plus tard, je suis dans mon salon, bien au froid au Québec, tentant d’absorber mon choc du retour. En regardant les nouvelles, je vois soudainement des images de la Thaïlande. On est en 2004.

JE SUIS SOUS LE CHOC. Un tsunami vient de dévaster une bonne partie de l’Asie, incluant le Sud de ce magnifique pays. Pour moi, c’est la fin du monde.

Je repense à toutes mes rencontres. De ce sympathique couple de personnes âgées canadiens qui avait choisi pour la première fois de passer l’hiver dans les îles thaïlandaises, aux amis français avec qui on a partagé des randonnées intenses dans les grandes chaleurs tropicales, à tous les Thaïlandais avec qui j’ai passé mes soirées à rire. Je repense aux paysages paradisiaques, à la vibe unique qui fait oublier tout souci. Mon paradis, il est maintenant dévasté.

Toutes ces personnes, je ne sais pas ce qui leur est arrivé. J’imagine aussi qu’elles n’ont peut-être pas survécu, ni leurs authentiques bungalows en bambou. Chose certaine, à chaque fois que je pense à chacune d’elle, à chaque fois que je mange thaïlandais, c’est comme un recueillement. Je leur rends un petit hommage, à ma façon.

Je ne suis jamais retournée en Thailande. Mais les saveurs uniques et humaines de ce pays auront marqué à jamais mes papilles. Et encore aujourd’hui, manger un plat thaï, ça me ramène dans ce paradis qui aura emboîté le pas de mes voyages en Asie. Le paradis des cœurs d’enfant.

Voici donc une recette facile, adaptée à la québécoise, pour un moment arc-en-ciel (ben mieux que des Lucky Charms!), histoire de vous faire sentir, vous aussi, dans ce pays aux charmes uniques…!

Sauté de légumes Caricoco

Pour environ 6 personnes
20 minutes de préparation, 10 minutes de cuisson

Ingrédients:

  • 400 ml de lait de coco
  • 200 ml d’eau
  • 2 morceaux de galanga
  • Quelques morceaux de citronnelle
  • 2 à 3 feuilles de lime keffir
  • 1 c. à table de pâte de cari rouge
  • 1/3 de tasse de cari Singapour
  • 2 c. à table de sirop d’érable
  • 3 c. à table d’huile d’arachide
  • 4 gousses d’ail, hachées finement
  • 3 poivrons, coupés en lanières
  • 4 carottes, coupées en juliennes
  • 8 oignons verts
  • Arachides natures
  • Sel, au goût
  • Coriandre, au goût
  • 1 1/2 tasse de riz au jasmin, cuit selon les instructions sur l’emballage.

*Pour une version non-végé, ajouter crevettes, poulet, poisson, bœuf… bref ce que vous voulez!

Préparation:

  • Dans une casserole, mélanger le lait de coco et l’eau. Ajouter le galanga, la citronnelle et les feuilles de lime keffir. Laisser infuser entre 5 et 10 minutes, à feu doux.
  • Ajouter la pâte de cari rouge, le cari Singapour et le sirop d’érable. Laisser mijoter un autre 5 minutes.
  • Dans un wok, à feu moyen, faire rôtir les arachides à sec pour leur donner une certaine couleur. Lorsque vous avez de bonnes effluves d’arachide qui montent à votre nez, retirer-les.
  • Dans le même wok, faire chauffer à feu vif l’huile d’arachide. Y faire revenir l’ail et les poivrons pendant environ deux minutes, en remuant sans arrêt. Si le mélange devient sec, plutôt que d’ajouter plus d’huile, ajouter un peu d’eau (pour faire un show de boucane!!).
  • Ajouter les carottes, faire revenir deux autres minutes, toujours à feu vif en remuant sans arrêt.
  • Mettre le feu au minimum, ajouter les oignons verts, bien mélanger. Les légumes doivent encore être croustillants. Bien saler le tout.
  • Tamiser la sauce lait de coco – cari rouge sur les légumes au dessus du wok. Bref, il faut la verser la sauce dans le wok mais sans les morceaux de galanga, citronnelle, keffir qui ont infusés. Laisser cuire 5 minutes à feu doux. Les légumes vont cuire un peu plus, mais on ne les veut pas « mouch-mouch »!
  • Ajouter du sel au goût, ajuster le sirop d’érable si vous préférez plus sucré et ajouter la coriandre.
  • Garnir chaque bol avec riz, légumes Caricoco et des arachides sur le dessus.

*Mon trajet en Thaïlande : Bangkok – Chiang Mai – Kho Phi Phi – Kho Lanta – Krabi
Les déplacements se font très bien en train ou en avion.

Crédit photos : Kathleen Bosc

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